Notre ancêtre

Introduction

Comparativement aux Canadiens français, il est difficile de trouver les origines de plusieurs familles acadiennes provenant de France ou ailleurs en Europe. Cela est dû en partie à la pauvreté dans les premières colonisations, à l'analphabétisme chez les Acadiens, d'un manque de fonctionnaires chargés de la tenue des dossiers, le contrôle politique change continuellement dans la colonie, et à l'histoire turbulente de la région, conséquence la destruction des enregistrements. Selon Mgr d'Entremont (Entremont 1991), les origines de seulement une centaine immigrants de sexe masculin en Acadie sont connus avec certitude fondée sur les dossiers existants. Par conséquent, la recherche de l'origine française ou européenne d'un ancêtre acadien est un accomplissement important.

Depuis plusieurs années, il ya eu une théorie générale exprimée sur les origines de l'acadien Michel Forest. Il fut le fondateur d'une famille acadienne qui a de nombreux descendants vivant aujourd'hui dans le Canada et les États-Unis. D'où l'importance de cette théorie pour ses nombreux descendants. Selon cette théorie, Michel Forest fait partie de la famille de Forest huguenots qui vivaient aux Pays-Bas avant de venir en Amérique du Nord. L'histoire de cette prestigieuse famille bourgeoise est recouvert de plusieurs livres (E. De Forest 1914, JW De Forest, 1900). La généalogie des de Forest remonte à Gaspard de Forest qui en 1450 vivait à Avesnes, en Flandre française. Les de Forest, parce qu'ils étaient des protestants de la Flandre française, cherchèrent refuge contre la persécution religieuse dans les Pays-Bas. Plusieurs d'entre eux s'impliquèrent dans nouveaux efforts de colonisation du nouveau monde, y compris la Nouvelle-Hollande (New York) et en Guyane française.

Malheureusement, comme cet article le montre, la preuve liant Michel Forest à la famille de Forest est faible et douteuse. Cette théorie générale affirmant que Michel Forest fait partie de cette famille de Forest se présente en deux formats spécifiques. L'une de ces théories a déjà été abandonné par ses auteurs, et la prochaine théorie, repose sur un document unique qui ne peut pas être trouvé. Au fil du temps les gens en viennent à accepter, comme vérité même de vagues théories généalogiques simplement parce qu'ils ont été publiés. Les novices en particulier ignorent les contradictions et le manque de preuves, et continue à transmettre des informations douteuses à leurs amis et leurs familles. Lorsque cela se produit, nous nous privons de la possibilité d'enquêter plus loin sur une théorie et arriver avec des preuves solides préférable de le prouver ou de passer à un autre la théorie et la recherche de preuves pour le tester. Je crois que la large acceptation de la théorie générale de Forest a nui à la recherche des origines de Michel Forest.. Ce document est une critique des théories d'origine wallonnes de Michel Forest.

Je me sens également obligé d'écrire ce rapport parce que, dans le passé, j'ai essayé de clarifier les théories portant sur les origines de Michel Forest en lettres qui ont été publiés (DuLong 1981 [repris dans Jehan {1972 -, 5: ii-iii, 1988, 7 - 8}, et mentionné dans Oubre {1986, 746}]; DuLong 1987). Je regrette maintenant ce que j'ai écrit ces lettres précipitamment. Ils ont été écrits avant que j'eusse achevé la majeure partie de la recherche et de l'analyse que l'on retrouvera dans le présent rapport. Par conséquent, moi aussi j'ai été plus partie du problème que de la solution. J'espère pouvoir rectifier la situation ici.

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Que savons-nous de Michel Forest?

Nous savons très peu de choses sur Michel Forest. Il apparaît sur plusieurs dossiers du recensement. Cependant, à ma connaissance, il n'existe pas de registres paroissiaux registre (De Ville, Rieder, et Rieder 1975-1983) ou les actes notariés pour lui. Selon les recensements disponibles, nous savons ce qui suit à son sujet:

1671, Recensement de Port-Royal,

Michel de Forest, laboureur, âgé de 33 ans. Son épouse Marie Hébert, 20 ans. Leurs trois enfants: Michel de 4 ans, l'âge Pierre 2 ans et demi, et l'âge René 1. Son travail est sous terre deux arpents, et il dispose de 12 bêtes à cornes (bovins) et 2 moutons (L. Forêt 1977, 38; P. Gaudet 1905, 58; Hebert 1980, 461).

Sa première femme, Marie Hébert, était la fille de longue date acadienne Hébert colons Etienne et Marie Gaudet. Elle est née vers 1650 et épousa Michel autour de 1666 (L. Forest 1977, 38).

1678, Recensement de Port-Royal,

Michel Forest, un veuf, pas d'âge donnée, est enregistré comme propriétaire de quatre hectares, trois vaches, deux veaux, et d'un canon (Entremont 1971, 230; 1979, 56). Il a six enfants: Michel 12 ans, Pierre 10 ans, René âge de 8 ans, un homme non identifié (probablement Jean-Baptiste) de 3 ans, l'âge Gabrielle 6, et à l'âge Marie 4. De ce rapport nous apprenons que sa première femme était morte quelque part entre 1675 et 1678.

1686, Recensement de l'Acadie,

Michel DeForest âge de 47 ans. Son épouse Jacqueline Benoist (ou Benoît), 13 ans. Ses six enfants d'âge: Michel 19, Pierre 18 ans, René âge de 16 ans, Gabriel 13 ans, Marie 11 ans, et Jean-Baptiste âge de 9 ans (Hébert 1980, 503). Il est rapporté que la possession d'une arme à feu, 8 vaches, 4 cochons et 5 arpents.

Sa seconde épouse, Jacqueline Benoist, était la fille de Martin et de Marie Benoist Chaussegros. Elle était née vers 1671/1672 selon le recensement de 1678 (Entremont 1979, 56, n. 29) et est décédé à l'âge de 82 ans ont déclaré en Octobre 1755 lors de son exil en Virginie (L. Forêt 1977, 38). Compte tenu de son âge indiqué sur le recensement de 1678, devraient serait d'environ 14 ou 15 en 1686, par conséquent, elle a probablement épousé Michel vers 1686.

En 1693,

Michel n'apparaît pas sur le recensement. Ses trois fils aînés, Michel, Pierre et René, sont sur le recensement (Entremont 1979, 56, n. 29). Sa seconde épouse apparaît comme l'épouse de Guillaume Trahan à ce recensement.

Les recensements ne précisent pas quoi que ce soit sur les origines de Michel. Ils ne nous donnent une estimation approximative de son âge. Nous pouvons deviner qu'il est probablement né entre 1638 et 1639. On peut également en déduire qu'il doit être arrivé dans la colonie en 1665, depuis son premier enfant est né en 1666 ou 1667. Nous savons qu'il est mort entre 1687, la naissance de sa fille, Marguerite et 1691, le remariage de sa seconde épouse, Jacqueline Benoist (Entremont 1979, 56, n. 29).

L'abbé Forest (Forest L. 1977, 29) indique que Michel a reçu des terres à l'est de Port-Royal sur la rivière Dauphine (aujourd'hui la rivière Annapolis). Cependant, à ma connaissance, il n'existe aucun document établissant clairement la propriété de Michel de toute la terre. Ce manque de documentation n'est pas rare pour de nombreuses parcelles de terres acadiennes.

Enfin, au sujet de ses origines, il ya une tradition familiale chez les descendants de Forest qui vivent sur la péninsule de Gaspé au Québec que leur ancêtre immigrant était de la Flandre française et qu'il s'était converti au catholicisme (L. Forest, 1977, 6, 49-52) . Cependant, aucun document trouvé en Acadie contemporaine de Michel soutient cette tradition. Il est difficile de savoir quand cette tradition a commencé, mais il va au moins aussi loin que Charles Forest, qui était marié à Marie-Anne Poirier à Bonaventure, le 3 Novembre 1820. Apparemment, cette tradition orale était en cours dans le milieu des années 1830, lorsque Charles l'a dit à ses fils. Les traditions orales peuvent être notoirement erronée (par exemple, voir l'analyse de l'utilisation d'Alex Haley de la tradition orale dans l'affaire Mills and Mills 1981). Ils peuvent contenir une part de vérité, mais elles doivent être vérifiées par des documents.

Il s'agit de la somme des informations que nous connaissons avec une relative confiance en ce qui concerne Michel Forest.

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Quels sont les hypothèses concernant les origines de Michel Forest?

L.-U. Fontaine, chroniqueur à la Presse de Montréal rapporte que Virlet Daoust s'est adressé devant la Société de Géographie de Paris, France, le 5 février 1892(Vincent-de-Lérins, 1955,17). Dans son rapport, Daoust mentionne que Jessé de Forest et ses fils fondèrent New York. Fontaine mentionne qu'il y a aussi des Forest qui vivent dans le Comté de l'Assomption, Québec. Peu de temps après ce rapport, l'éminent généalogiste et archiviste Placide Gaudet répondait à maître Fontaine dans l'Évangeline le 5 février 1892 : "ce n'est pas le cas" . Il craignait que les gens sautent à la conclusion que les Forest du Québec et d'Acadie soient reliés aux Forest de New York. Placide Gaudet déclara que : "les Forest du Canada ne descendent pas de Jessé de Forest, fondateur de New York. Le fondateur de la famille Forest en Acadie fut Michel Forest, né en France vers 1638. Il vint au pays probablement avec d'Aulnay, en 1650, étant alors âgé de 12 ans". Vincent-de-Lérins s'est objecté à l'approche hypothétique de Gaudet sur les origines de Michel Forest. Ainsi débute la controverse sur l'hypothèse que la famille Forest d'Acadie pourrait être reliée à la famille Forest de New York. (Je veux remercier Caroline-lsabelle Caron pour avoir éclairci cette controverse, Caron, 1997).

Il y a actuellement deux théories spécifiques qui se regroupent sous I' hypothèse générale prétendant que Michel est un membre de la famille Forest, des huguenots qui se sont installés à New York. Pour éviter toute confusion je vais identifier ces théories sous-jacentes comme la théorie de Jessé et la théorie de Gérard suite aux prétendus grands-pères de Michel.

La théorie de Jessé

La théorie de Jessé prétend que Michel est le fils d'Henri de Forest et le petit-fils de Jessé de Forest. Cette théorie a été complètement exposée dans la première édition de I' Histoire de la famille Forest par le Père Vincent-de-Lérins publié en 1955 (Vincent-de-Lérins, 1955). Le Père Vincent de-Lérins, S.O., Cist. est né Jean-Pierre Lévis Forest en 1882 et décéda en 1972 (D. Forest 1996) Avant que nous procédions avec la version du Père Vincent-de-Lérins repassons en revue ce que nous connaissons des personnages impliqués dans cette théorie. (ce résumé est basé sur E. De Forest 1914: J. W. De Forest 1900; L. Forest, 1977; Vincent-de-Lérins, 1955, 1965)

Jessé était le fils de Jean ou Jehan de Forest et de Anne Maillard ou Maillart. Jean avait marié Anne vers 1570. Ils étaient originaires d'Avesnes, dans les Flandres française, ont vécu pendant un certain temps à Sedan France et éventuellement se sont rendus au Pays-Bas pour échapper aux persécutions qui affligeaient les protestants réformés. Ils ont eu au moins quatre enfants: Melchior, Jessé, Gérard et Anne (J. W. De Forrest 1914, 1;9)

Jessé a marié Marie du Cloux, native de Sedan, vers 1601. Ils ont eu trois enfants comprenant Rachelle Henri et lsaac. Jessé a été impliqué dans une tentative infructueuse de fondation d'une colonie au Brésil. Ses enfants ne l'ont pas suivi en Guyanne  Française mais se sont installés, plusieurs années plus tard, à New Amsterdam {ville de New York) à la place. Quelques-uns ont faussement attribué à Jessé la fondation de New York (à titre d'exemple, J. W de Forest 1900) mais il n'a même pas visité cette ville.

Henri de Forest (ou Hendrick de Forest en hollandais est né le 7 mars 1606 à Sedan, France et a marié Gertrude Bornstra du Friesland le le 1er juillet 1636 à Amsterdam. Il est parti pour New Amsterdam le 25 septembre 1636, laissant Gertrude en Hollande. Henri est décédé de la fièvre sur les côtes de la Virginie le 26 juillet l637. Le couple a été marié juste un peu plus d'une année mais ils ont été séparés pour la majorité de cette période. Selon la théorie de Jessé pendant une période de trois mois où ils étaient ensemble, ils ont conçu un fils nommé Michel qui éventuellement émigra et s'installa en Acadie. À ce jour, il n'y a aucun document connu qui supporte cette théorie. Gertrude est éventuellement venue à New Amsterdam avec son deuxième époux Andries Hudde en 1639. Dans la succession de la propriété d'Henri, il n y est fait aucune mention de ses enfants ce qui aurait dû être le cas en pareille circonstance (E. DE Forest, 1914,2:355-356).

Selon la version de Vincent-de-Lérins   (1955, 14-16) au sujet de la théorie de Jessé, Hudde et Gertrude retournèrent aux. Pays-Bas (Riker 1904, 130). Le Père Vincent-de-Lérins fit la spéculation, Michel serait venu à New Amsterdam après la mort de sa mère. Il suggère de plus que lorsqu'il est arrivé, le docteur de la Montagne, le mari de Rachel Forest, sa tante, était en possession des biens de son père Frustré, Michel ayant atteint la majorité, décida de se mettre à la disposition de Thomas Temple pour la Nouvelle Écosse.

Le rôle de Thomas Temple dans les deux théories est important, je vais donc revoir sa carrière ici (Ryder, 1979). Le Major Robert  Sedgewick, du Massachusetts, venait de prendre possession de l'Acadie pour les britanniques en 1654. Temple, un britannique,  devient gouverneur en 1657 de l'Acadie que les britanniques appelèrent dès lors Nouvelle Écosse. Il est demeuré gouverneur de la Nouvelle Écosse jusque en 1670. Pendant ces années où il était gouverneur, il passa la majorité de son temps à Boston en gouverneur invisible. Cependant, il arriva bien en Nouvelle Écosse en 1657 avec un groupe de colons. Temple est un homme intéressant, un vrai survivant.  Nommé gouverneur par Cromwell, il sera proclamé chevalier quand Charles II reprendra le trône. Son règne de gouverneur de la Nouvelle Écosse s'avéra être beaucoup plus un arrangement économique pour lui, une bonne affaire si vous voulez, qu'une carrière politique.

Selon les deux théories, Michel était apparemment parmi les colons qui sont arrivés en Acadie en 1657 Une fois en Nouvelle Écosse, Michel s'est installé et a marié une femme de la région et il décida de rester dans la colonie quand les français reprirent le pays aux britanniques en 1670. A ce moment, il s'était déjà assimilé à la culture acadienne et il avait une famille.

La théorie de Gérard

En 1965, avec la seconde édition de l'Histoire d’Ia famille Forest la théorie de Jessé était abandonnée. Il n’y avait aucun document primaire ou secondaire  pour supporter cette théorie. Malgré le tricotage élaboré d'histoire circonstancielle, la théorie ne se tenait pas très bien En particulier, la chronologie de la conception de Michelet l'absence de la mention des enfants de Gertrude et Henri condamnait cette théorie à l'échec.

La théorie de Jessé était reprise dans I'Histoire et la généalogie des Acadiens (Arsenault, l965: 1978). Malgré l'abandon de cette théorie par ses initiateurs, elle continua de faire surface et il faudra probablement des décades avant qu'elle ne disparaisse. Je ne peux m'empêcher de me demander combien de généalogistes ont trébuché sur cette théorie, revu les mêmes documents que les autres avaient lus et sont arrivés à la même conclusion que cette théorie était fausse et alors continuèrent de rechercher la vérité. Je crains que ce soit la minorité et que plusieurs descendants des Forest ont encore la lignée de Jessé dans leur arbre généalogique.

En 1965, dans la deuxième édition de l'Histoire de la famille Forest la théorie de Gérard surgit des cendres de la théorie de Jessé (Vincent-de-Lérins, 1965, 26-30). Père Vincent-de-Lérins est toujours l'auteur de cette édition mais en collaboration avec l'abbé Lorenzo Forest P.S.S. et l'ingénieur civil Albert Forest.

Cette nouvelle théorie prétend que Michel est réellement Gereyt de Forest, le fils de Cryspin de Forest et le petit-fils de Gérard de Forest qui comme vous vous en rappelez est le frère de Jessé de Forest et le fils de Jean de Forest. Une brève revue des données généalogiques de base serait dans l'ordre des choses maintenant. Ces faits sont basés sur les documents primaires existants, comprenant le registre Wallon (Bibliothèque Wallonne de Leiden, 1518-1811, microfilm 0199828) et autres sources I(voir E. de Forest, 1914).. Pour le reste de cet article, je me baserai sur la version de 1977 que l'on retrouve dans la troisième édition de l'Histoire de ta famille Forest L'abbé Lorenzo Forest est l'auteur principal de cette troisième édition en collaboration avec le Père Vincent-de-Lérins et Albert Forest (L. Forest, 1977). Cette édition contient la même théorie de Gérard. Il y a maintenant une sixième édition de disponible que je n'ai pas vue mais je comprends qu'elle décrit la même théorie de Gérard.

Gérard maria Esther de la Grange vers 1610, probablement à Leyden aux Pays-Bas. Un de leur six enfants se nommait Crispin (L. Forest, 1977 18,21). Crispin maria Marguerite Bornstra le 1er juillet 1636 à Amsterdam aux Pays-Bas (L. Forest, 1977,22-27);E. DE Forest, 1914, 1:75). Marguerite était la sœur  de Gertrude qui avait marié, Henri de Forest, le cousin de Crispin, au cours d'un mariage double. Aucun de ces faits concernant Crispin et Marguerite ne sont mis en doute. Cependant, ce sont les faits rapportés concernant un de leurs enfants, le centre 'd'intérêt de cette théorie, qui nous causent des inquiétudes.

Selon cette nouvelle théorie améliorée Michel Forest serait Gereyt de Forest, le fils de Crispin de Forest et Marguerite Bornstra. Pour que cette théorie soit plausible, nous devons accepter un certain nombre de faits. Je fais ici la liste des faits ainsi que mes observations.

 

Fait 1. Selon les recensements Michel serait né vers 1638 ou vers 1639. Gereyt est né le 18 juin 1637 à Leyden (L. Forest. 1977,22).

Commentaires : le fait que deux personnes aient le même patronyme et approximativement la même date de naissance ne prouve pas que ce soit la même personne.

 

Fait 2. Gereyt avait des cousins, les enfants et les petits-enfants de Jessé qui vivaient à New Netherlands. Aussi son grand-père Gérard avait signé un contrat le 8 août 1636 pour financer la moitié du coût d'un établissement à Fort Orange {Albany, New York). Cette initiative coloniale était sous la direction de Kiliaen van Rensselaer (L. Forest, 1977,27-281).

Commentaires : il n'y a pas de problème avec cette information bien documentée. Cependant, la présence de parents à New Netherlands rend l'hypothèse de sa relocalisation en Acadie moins plausible parce qu'il n'y avait personne de sa famille à cet endroit.

 

Fait 3. Gereyt avait de bonnes raisons de quitter les Pays-Bas et de se rendre à New Netherlands. ll était le seul fils héritier de Crispin et des parts de son grand-père à Fort  Orange. L'abbé Forest et ses collègues (L. Forest, 1977, 28) déclarent que Gereyt est venu à New  Netherlands  à cause de son héritage.

Commentaires : toute cette histoire d'héritage à Fort Orange est problématique. Gérard est décédé en août1654 au Pays-Bas. SElon J. W. De Forest (1900, 55, 186) les dossiers de La Haye indiquent que les biens de Gérard de Forest, veuf d'Hester de la Grange, ont été divisé le 7 juin 1656. La liste de ses héritiers est Chryspin des Forest, Sara des Forest veuve de Barent von de Kaskelen et David de Toit époux d'Hester des Forest. Ils se divisent un héritage évalué à 15, 325 florins. J. W. De Forest ne mentionne pas le nom de Gereyt comme un des héritiers, ni ne discute de redevances que Van Rensselaer aurait dû à Gérard, ni d propriétés à Fort Orange  au moment de son décès. Il est peu vraisemblable que Gérard avait des intérêts à Fort Orange au moment de son décès. De fait, il est possible que Gérard devait encore de l'argent à Van Rensselaer  puisque  E. de Forest (1914, I, 78) déclare que Gérard avait des problèmes à payer sa part. L'abbé Forest (1977, 30) mentionne que les documents de Fort Orange  (Albany, NY) avaient été détruits dans l'incendie de 1911. Ainsi, il nous est impossible de vérifier dans les documents originaux  si Gérard avait encore des parts dans l'établissement de FortOrange vers 1657. De plus nous ne savons pas si Crispin était décédé en 1657 quand Gereyt s'est rendu à New Netherlands pour réclamer l'héritage qu'il aurait reçu suite au décès de son père.

 

Fait 4. Gereyt arriva à New Netherlands vers 1657 à l'âge de 20 ans (L. Forest 1977, 28). Alors qu'il était dans la colonie hollandaise, il se rend compte qu'il n'y a rien à espérer de son héritage. Outré, selon cette théorie, Gereyt décida de joindre L'expédition de Temple en Nouvelle Écosse.

Commentaires : Il n y a pas de preuve que Gereyt se soit rendu à New Netherlands. Ceci est une pure conjecture. Étant donné que l'expédition de Temple a quitté l'Angleterre, il aurait été tout à fait aussi facile de dire que Gereyt soit parti de là-bas pour la Nouvelle Écosse au lieu de le rencontrer à Boston au Massachusetts. Je trouve quand même étonnant qu'une personne qui est l'héritière de son père et de son grand-père, un homme de fortune modeste, soit obligée de quitter les Pays-Bas pour se refaire une vie sachant qu'il n'y a aucun bien dans le Nouveau Monde qui puisse lui assurer une vie confortable. Aussi, je trouve difficile de croire qu'il n'ait pas vérifié la nature de son héritage au Nouveau Monde avant de quitter son vieux pays. Finalement, s'il désirait  s'installer dans le Nouveau Monde alors pourquoi n'est-il pas demeuré à New Netherlands là où ses cousins vivaient dans une ville qui demeurera hollandaise jusqu'en 1664 (Morris and Morris, 1976,53). Je ne comprends tout simplement pas la motivation de Gereyt dans ce scénario.

 

Fait 5. On retrouve le nom de Gereyt sur une liste de colons amenés en Nouvelle Écosse par Sir Thomas Temple. Ce document le nomme clairement ainsi que ses parents et le lieu de sa naissance. Selon l'abbé Forest (1977, 29) un ami d'Angleterre aurait soumis l'information suivante:  « Nous avons trouvé dans les archives du Ministère des Colonies à Londres, dans les papiers de Thomas Temple, une liste non datée, mais vraisemblablement de 1658-, donnant les noms d'un certain nombre de recrues pour l'Acadie, alors aux mains des Anglais depuis 1764. En tête de liste, on lit le nom de Gereyt de Foreest, son of Chrispyn de Foreest and Margrita Bornstra from Leiden » .

Commentaires : ceci est la pièce maîtresse sur laquelle toute cette théorie repose. Je vais la commenter plus loin.

 

Fait 6. Alors que l'Acadie où la Nouvelle Écosse est sous le contrôle de Temple, la seule façon de s'installer dans la colonie était sous les hospices britanniques.

Commentaires : Le contrôle de Temple sur la colonie ne s'étendait probablement guère plus loin qu'au voisinage immédiat de Port-Royal et quelques autres sites. Les Acadiens étaient reconnus comme des gens relativement indépendant (Griffiths, 1992). Leur indifférence envers les autorités, française ou anglaise, a souvent frustré les autorités. ll n'y a pas de raison pour qu'un pêcheur ou un laboureur français n'ait pu s'installer sur une terre le long de la rivière Royale avec les Acadiens même si Temple était en fonction. Nous devons nous rappeler que l'Acadie était un territoire encore ouvert malgré le contrôle limité des britanniques sur la Nouvelle Écosse. De plus, il est possible qu'il soit arrivé en Acadie avant même que les britanniques soient présents.

 

Fait 7. Par déduction chronologique à partir des recensements de l'Acadie, tout semble indiquer que Michel est arrivé en Acadie sous le règne de Temple alors gouverneur de la Nouvelle Écosse. Autrement il serait arrivé en Acadie en très bas âge, disons 11 ans, et serait demeuré célibataire pendant environ 16 ans (Vincent-de-Lérins, 1955, 17).

Commentaires : le mariage de Michel vers 1766 nous porte à croire qu'il serait bien arrivé durant la période du régime britannique soit entre 1654 et 1670. Cependant, Placide Gaudet a été le premier à suggérer que Michel Forest est arrivé en Acadie en bas âge avec le gouverneur d'Aulnay vers 1650 avant la prise du territoire par les anglais (G. Forest, n. d., no. 80-032). Il n'était pas rare, au cours du l7e siècle, que de jeunes enfants soient placés comme apprentis ou en service. Selon Bujold et Caillebeau (1979, 38) le Gouverneur d'Aulnay recrutait des jeunes gens pour se rendre en Acadie entre 1645 et 1650. De plus une attente de seize ans se comprend. Il devait attendre la maturité, peut-être passer du temps à s'installer sur sa terre pour devenir indépendant, et alors attendre de trouver une fille mature à marier étant donné le peu de femmes en âge de se marier dans la colonie. Ceci a pu prendre seize années. Certainement que le fait de marier une fille de 14 ou 15 ans lors de son deuxième mariage, démontre qu'il y avait bien une pénurie de femmes à marier dans la colonie même en 1686. (Lors de son premier mariage Marie a 15 ans. DF)

 

Fait 8. Les archives de Leyden et d'Amsterdam ne mentionnent rien d'autre au sujet de Gereyt après sa naissance. Il n'y a pas de trace de son mariage ni de son décès dans les Pays-Bas (L. Forest, 1977,29)

Commentaires : le fait que les dossiers disponibles, consultés à ce jour, ne mentionnent pas Gereyt après sa naissance n'est pas une preuve qu'il ait émigré en Nouvelle Écosse. L'authenticité ou l'origine des documents consultés par L. Forest et ses collaborateurs demeure nébuleuse. En fait nous ne savons même pas si Gereyt s'est rendu à l'âge adulte. Comparativement aux actes de naissance et de mariage, les décès étaient les moins susceptibles d'être enregistrés à cette époque. Par exemple, nous ne connaissons pas la date de décès de Crispin et Gérard. Les dates de décès des autres Forest de la lignée de Gereyt sont dérivés de façon approximative de d'autres dossiers (L. Forest, 1977, 18). Gereyt aurait pu venir en Nouvelle Écosse avec Temple en 1657. Cependant, il est peut-être décédé en bas âge, devenu un soldat et mort aux champs de bataille, mort en mer, a peut-être émigré en Angleterre, en lrlande, en Allemagne ou en Afrique du Sud, etc. Nous ne connaissons tout simplement pas ce qui est arrivé à Gereyt jusqu'à ce qu'une recherche exhaustive de nouveaux documents le concernant soit réalisée. Et, il est toujours possible qu'il soit passé dans l'oubli, sa date de décès n'ayant jamais été enregistrée.

 

Fait 9. Gereyt s'est installé sur une terre près de Port-Royal et a marié une Acadienne, Marie Hébert. Vous vous rappelez gue sa famille était huguenote, il s'est donc converti au catholicisme au moment de son mariage. Au même moment, il changea son nom de Gereyt à Michel. Gereyt n'est pas un nom de saint, de tel sorte que, selon la tradition catholique, il prit le nom de St-Michel. Ce nom aurait été choisi intentionnellement à cause de son arrière grand-père qui était le dernier ancêtre catholique dans sa lignée (L. Forest. 1977, 29). Michel Maillard était le père d'Anne Maillard l'épouse de Jean de Forest eux-mêmes parents de Gérard.

Commentaires : ceci est un point intéressant qui continue de me mystifier. Bien que les acadiens étaient principalement catholiques, ils n'étaient pas des gens dépendants des prêtres. Les membres du clergé pour répondre à leur besoin religieux étaient peu nombreux en Nouvelle Écosse. Ainsi ce peuple indépendant n'aurait pas mis beaucoup de pression sur Gereyt pour qu'il se convertisse. Il n'y a aucun document de son abjuration. De plus, il n’y avait aucune raison pour qu'il change son nom à Michel. Les catholiques sont encouragés à utiliser des noms chrétiens, c'est à dire, un nom de saint pour leurs enfants. Cependant  Gereyt n'est pas un nom païen. C'est hollandais pour Gérard, un nom parfaitement acceptable. Je sais que c'est un nom hollandais parce que son grand-père s'appelle Gérard tel qu'en fait foi les registres wallons (Bibliothèque wallonne de Leyden, 1518-1811, microfilm 0199828). De plus plusieurs généalogistes hollandais ont répondu à une annonce placée sur soc. genealogy.benelux concernant le nom de Gereyt. Ils indiquèrent que le nom de Gereyt était un vieille appellation du nord des Pays-Bas {Frise} pour le nom hollandais plus moderne de Gerrit ou Geryt et que c'était la même chose que Gerhardt en allemand, et gue Gérard en français (Bouma, 1996; Griët, 1996;. Hamrick, 1996; Hassebroek 1996;.Louw 1996; Mazee, 1996). Finalement, j'ai vérifié et trouvé que plusieurs saints du moyen âge portait le nom de Gérard (Delaney and Tobin 1961). Gereyt aurait pu s'appeler tout simplement Gérard. Finalement, Crispin comme tous ceux qui ont lu Shakespeare, Henry V pourront vous le dire, c'est aussi un nom de saint. Ainsi, Michel aurait pu appeler un de ses enfants, Gérard ou Crispin sans crainte mais au contraire, ils portent tous des noms bien français. L'histoire du changement de nom de Gereyt en Michel est tiré par les cheveux et difficile à croire.

 

Fait 10. La théorie de Gérard concernant un ancêtre protestant originaire des Flandres française, est soutenu par les traditions dans la famille Forest qui prend naissance vers 1830 (L. Forest, 1977, 6, 49-52).

Commentaires : les traditions familiales ne sont pas une source fiable d'information spécialement après trois générations et plus. Elles peuvent et doivent seulement être utilisées comme des indices.

 

Fait 11. Finalement, l'abbé Forest (1977,5-7) met en évidence le fait que Michel portait le nom de Michel de Forest et que le patronyme de Forest, comparativement à Forest, est très répandu principalement dans le Nord de la France.

Commentaires : les patronymes au dix-septième siècle étaient une invention relativement récente dans la plupart des régions en Europe de même que l'idée de l'appellation exacte. Nous ne devons pas nous surprendre de voir apparaître le patronyme de façon différente. C'est en effet le cas chez les enfants et les petits enfants de Michel où le patronyme est de Forest, Forest, ou Forêt. Éventuellement, il semble que la particule «de » ait été abandonnée par la plupart de ses descendants. Ainsi, l'utilisation de la particule « de » est problématique. Plusieurs personnes l'ajoutaient à leur nom pour augmenter leur prestige croyant à tort qu'elle signifiait la noblesse (Trudel, 1994) alors que le « de » signifiait simplement originaire de Forest. Il est tout à fait possible que le nom de Forest soit utilisé dans différentes parties de France. Par exemple, Gérard Forest (n. d.) et Maurice Caiilebeau (1980) ont trouvé des familles de Forest vivant au Poitou pendant le dix-septième siècle.

En plus de tous ces faits et commentaires, je me demande pourquoi une personne avec le statut, les antécédents et vraisemblablement l'éducation de Gereyt de Forest n'ait pas joué un rôle plus important dans les affaires coloniales. Il aurait été un homme de lettre et de ce fait, il aurait dû être un membre important de la communauté et son nom aurait dû apparaître dans les documents administratifs. Cependant, ce n'est pas le cas. Comme le dit Maurice Caillebeau : «Je trouvais un peu étrange que le fils d'une notable famille protestante de Flandre devienne un modeste laboureur catholique des premiers temps de l'Acadie ». (Caillebeau, 1980).

La théorie de Gérard est certainement plus structurée que la théorie de Jessé. Elle s'harmonise relativement bien avec les événements historiques et ne présente pas d'anachronisme. Elle se base sur des faits bien documentés. Par exemple, il est évident d'après les documents wallons et les sources secondaires qu'il y ait eu un Gereyt de Forest. Cependant, cette théorie amène des spéculations qui exigent beaucoup d'imagination de la part de ses partisans. La clef de cette théorie est la mystérieuse liste des colons de 1658.

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Conclusion

Pour reprendre une phrase usée du langage politique américain, "des erreurs ont été commises" dans le cas de Michel de Forest. Le traitement de la liste de 1658, même pour les années 1950 ou 1960, était amateurisme. À l’époque, il existait certainement de nombreux modèles notables d’œuvres généalogiques bien documentées et citées. Par exemple, l'article de Père Godbout (1968) sur les passagers de St-Jehan en Acadie. Compte tenu de la faiblesse de cette preuve, les auteurs de l’histoire de la famille Forest n’auraient jamais dû énoncer leur théorie comme si elle était avérée. Ce n'est pas le cas.

L'essentiel est que nous devions sortir et recommencer à chercher, il y a encore du travail à faire. Soit nous trouvons la mystérieuse liste de 1658, soit nous passons à autre chose et essayons des scénarios alternatifs. Nous avons un long chemin à parcourir. Faisons en sorte de documenter nos progrès au fur et à mesure que nous progressons afin que d’autres ne se retrouvent pas sur le même terrain. Encore une fois, l’Association des Forest d’Amérique pourrait jouer un rôle important.

Je suppose que nous ne trouverons aucune preuve à l'appui des origines de Michel. Nous devrons peut-être nous contenter de la probabilité que Michel Forest soit venu de France en Acadie avant 1665 en tant que catholique. Je m’attends que cela ne plaira pas à certains historiens de la famille qui voudront se raccrocher à la théorie des origines wallonnes de Forest pour Michel. Ils le retiendront avec ténacité car il remonte aux origines bourgeoises et remonte à plusieurs centaines d'années. Je me demande si ce serait une théorie plus facile à abandonner si Michel ne prétendait pas remonter aux paysans wallons.

Étant donné le manque de preuves dont nous disposons à présent, je pense qu'il est prudent de traiter la théorie de Gérard comme une simple spéculation. Il doit être testé et prouvé correct ou faux avec des preuves, pas de spéculation supplémentaire. Je me rends compte que des personnes dévouées continueront d’accepter cette théorie malgré le manque de preuves. Pour l'accepter, il leur suffit de supposer que Michel s'est associé à une aventure de la Nouvelle-Angleterre sur un territoire français récemment capturé, ignorant des opportunités plus confortables aux Pays-Bas et même au nouveau Pays-Bas, qu’il a changé de prénom, a abandonné sa foi, et une fois apparu sur une liste mystérieuse de colons non français qui a depuis disparu. Sérieusement, qu'en pensez-vous? Possible, oui, probable, non.

Enfin, je voudrais souligner que moi aussi je suis un descendant de Michel Forest. Rien ne me ferait plus plaisir que de me tromper sur ses origines et de découvrir qu'il est bien Gereyt de Forest. Les Forest Wallons forment une belle famille avec une histoire intéressante. J'ai un surplus d'ancêtres paysans et je suis toujours heureux de retrouver des ancêtres bourgeois ou nobles car on peut souvent retracer leur ascendance de plusieurs générations en plus en Europe. Alors, s'il vous plaît, quelqu'un qui est un meilleur chercheur que moi, ou qui a accès aux archives en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, me prouve le contraire. Si quelqu'un peut trouver la liste de 1658 de colons du temple portant le nom de Gereyt, alors montrez-la s'il vous plaît au monde. Ce serait une contribution importante à la généalogie acadienne.

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